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PRODUITS DE SAISON
Accueil › Le point sur... › Les avantages du bio
Lancée avec pour objectif initial la protection de l'environnement, l'agriculture biologique possède aujourd'hui de nombreuses vertus. Atouts écologiques,
qualités nutritionnelles, bien-être animal... revue de détails des bienfaits du bio.
par Antoine Jault
Si son succès ne date que d'une
dizaine d'années, bien aidé en cela par les crises alimentaires des années 90 (vache folle, listériose, dioxines...), le marché français du bio progresse
désormais chaque année de près de 10%. Selon un sondage CSA/Agence bio, la quasi-totalité des acheteurs de bio choisissent ces produits car ils sont « cultivés sans
produits chimiques » et « contribuent à préserver l'environnement ». Les consommateurs ont le sentiment (à juste titre) qu'acheter bio garantit une alimentation
plus saine. Mais en quoi le bio est-il meilleur ?
Le premier intérêt du bio, c'est la protection de l'environnement et de la biodiversité. Selon une étude de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique
suisse, la biomasse microbienne est 20 à 30% supérieure dans les sols cultivés en bio, et l'on y trouve 30 à 40% de vers de terre en plus que dans les sols
traditionnels. La non utilisation d'insecticides permet aussi de sauvegarder de nombreuses espèces d'oiseaux qui peuvent ainsi continuer à trouver de quoi se nourrir, le
maintient des haies afin de délimiter les champs sert également de refuge aux auxiliaires (coccinelles, araignées...) et contribue à sauvegarder la biodiversité.
Sans oublier que l'agriculture biologique induit moins de pollution de l'eau, de l'air, et moins d'érosion des sols. En outre, le bio fait aussi du bien aux animaux de la
ferme qui bénéficient de conditions d'élevage meilleures et d'une alimentation naturelle et raisonnée.
Plus riche en nutriments
Meilleur sur le plan environnemental, le bio est-il bon pour notre santé ? Une chose est sûre : le bio a de meilleures qualités nutritives que les produits issus
de l'agriculture conventionnelle. Récoltés à maturité, les fruits et légumes ont aussi bien souvent meilleur goût, l'un des plus beaux exemples étant celui des
variétés
anciennes de tomates, bien meilleures et donc de plus en plus recherchées pas les consommateurs, lassés des insipides tomates vendues en grandes surfaces.
Pour ce qui est du bénéfice nutritionnel, le bio est également supérieur, notamment pour l'apport en antioxydants (telle que la vitamine C) et en polyphénols, qui
jouent un rôle protecteur contre les maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Une étude européenne (Quality Low Imput Food Project), montre que les fruits
et légumes cultivés selon les principes de l'agriculture biologique contiennent jusqu'à 40% d'antioxydants de plus que leurs homologues, cultivés de manière
conventionnelle. Le directeur de cette étude allant jusqu'à dire que privilégier les produits bio équivaudrait à manger une portion de fruits et légumes
supplémentaire par jour !
L'explication de cette plus grande richesse en micronutriments ? Non protégés par les produits chimiques, les végétaux développeraient leurs propres défenses
naturelles en produisant des polyphénols et antioxydants.
Par ailleurs, les produits laitiers bio sont nettement plus riches en oméga3 que les produits laitiers non bio, jusqu'à 68% en plus, pour la simple raison que
les vaches ont la chance de brouter de l'herbe... Aussi, les consommateurs de viande bio ont moins de risque de développer des résistances aux antibiotiques
car ceux-ci sont prescrit aux animaux « bio » qu'en dernier recours.
Très peu de pesticides
Les contrôles montrent que près des deux tiers des fruits non bio analysés contenaient des résidus de pesticides, 5,6% dépassant la limite autorisée
(essentiellement des fraises, des mandarines et des poires). Une étude allemande à même montré qu'il y avait en moyenne 550 fois plus de pesticides dans les
fruits et 700 fois plus dans les légumes conventionnels que dans les produits bio ! L'agriculture biologique, elle, n'utilise pas de pesticides. Cela ne signifie
pas pour autant que les aliments bio soient vierges en pesticides : ces derniers, transportés par les vents et la pluie peuvent en effet se redéposer à des
kilomètres et polluer dans une moindre mesure des champs bio.
Aujourd'hui, on retrouve ces pesticides quasiment partout : aussi bien dans les sols, dans l'eau des rivières et des nappes phréatiques...
que dans la graisse des animaux arctiques, portés par les courants océaniques !
Chez l'homme, des études scientifiques mettent en cause ces produits phytosanitaires dans l'augmentation des risques de certains cancers et dans la baisse de
fertilité.
Si vous n'êtes pas un adepte du bio, il est donc recommandé de peler les fruits et légumes que vous consommez, ou à défaut de bien les nettoyer.
À l'inverse, la quasi absence de pesticides dans les produits bio autorise à manger leur peau et permet du même coup de bénéficier d'un maximum de nutriments
(tels que les fameux antioxydants).
Acheminés via les fleuves puis les courants océaniques, les pesticides peuvent se retrouver jusque dans les graisses des cétacés (ici une orque)
L'agriculture bio émet moins de CO2
Autre atout méconnu de l'agriculture biologique : elle émet moins de gaz à effet de serre que l'agriculture intensive. « Elle n'utilise pas d'engrais azotés
de synthèse qui contribuent aux émissions de protoxyde d'azote (N2O) », explique l'agronome Claude Aubert. Or, le pouvoir de réchauffement global du N2O est
310 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (CO2) ! De plus, les terres bio, enrichies par l'apport en compost, absorbent davantage de CO2 que celles
en agriculture conventionnelle. « L'agriculture bio peut émettre 20 à 50% de gaz à effet de serre en moins par hectare » explique Claude Aubert, « mais les
résultats sont variables d'une exploitation à l'autre, et le bénéfice peut même être annulé si le rendement de l'exploitation est trop faible. » Manger la
viande issue d'un animal qui s'est nourri d'herbe permettrait aussi d'économiser 30% de CO2 par rapport à une viande conventionnelle, d'après un autre expert, Jean-Marc Jancovici, spécialiste dans le domaine de l'énergie et du climat.
La meilleure solution afin de diminuer notre bilan carbone étant bien sûr de diminuer aussi notre consommation de viande. Car pour manger bien tout en respectant la planète il faut manger bio, mais pas seulement...
BIO | EN LIRE +
Le site de l'Agence bio, chargée par les pouvoirs publics du développement et de la promotion de l'agriculture biologique. www.agencebio.org
Le site de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique. www.fnab.org
Antioxydants
Substance capable de
réduire les dommages causés par les radicaux libres dans l'organisme. Les radicaux libres sont notamment responsables de l'oxydation
des cellules, phénomène important dans le processus de vieillissement. Les principaux antioxydants naturels sont les vitamines C et E, les caroténoïdes, le zinc
ou encore le sélénium.
Biodynamie
L'agriculture bio-dynamique
est un système de production agricole biologique élaboré en 1924 par Rudolf Steiner. Compostage, utilisation d'engrais vert et de plantes complémentaires,
rythmes saisonniers et lunaires,
constituent les bases de cette approche.